mercredi 10 janvier 2018

Une dissertation à la une

Dans le cadre de leur cours de français, les élèves de 6TT sont amenés à rédiger des dissertations. Le texte de Nathan a retenu l’attention de son professeur qui souhaite faire partager ce travail de qualité

Les nouvelles formes d’esclavage sont-elles actuellement les seules façons de perdre sa liberté ?

Depuis les prémices de l’Humanité, alors que l’Homme vivait la genèse de la vie communautaire, la société s’est corrompue, infectée d’une maladie que l’on surnomme “l’esclavage”, complétée par une métastase qui resurgit dans le monde d’aujourd’hui, en privant la liberté périlleusement obtenue par nos aïeux.
On peut s’imaginer les formes d’esclavage traditionnelles; mais il semble plus ardu de percevoir les divergences apparaissant dans le monde moderne, dominé par la mondialisation et le patronat. Sous cette problématique, il est aisé de s’interroger sur l’existence d’autres façons de perdre sa propre liberté.
C’est pour les raisons énumérées que nous allons rappeler les formes d’esclavage actuelles pour ensuite présenter les pertes de liberté qui peuvent survenir dans le monde contemporain.
Pour commencer, les banques asservissent souvent les personnes en difficulté financières. En effet, emprunter de l’argent est devenu un fait courant dans la vie d’un ménage, que ce soit pour acquérir une maison, ou simplement financer des études. Cependant, il n’est pas rare, pour les personnes en difficulté financière, d’accumuler plusieurs emprunts étant dans l’impossibilité de s’affranchir des précédents. Cette situation oblige ces débiteurs à travailler plus, dans des conditions pas toujours évidentes, pour rembourser au plus vite les banques, imposant des pressions inhumaines aux déchus travailleurs; asservissant ces personnes en difficulté financières.
Pour continuer, les réseaux criminels issus de pays instables exploitent les femmes dans le cas d’esclavage sexuel, mais pratiquent également la traite d’êtres humains en vue du trafic d’organe par exemple. En effet, depuis notre vie occidentale, il est inimaginable que ces actions moyenâgeuses soient toujours d’actualité; or c’est bien le cas, surtout dans les pays de l’Est où les femmes sont enlevées en vue de l’esclavage sexuel, et les hommes tués pour la vente d’organes, l’or du 21ème siècle.
Finalement, l’industrie d’Extrême-Orient spolie les travailleurs et les habitants de cette région du globe, en employant des ouvriers payés une misère pour s’occuper d’un travail ingrat et difficile. En effet, l’exploitation des habitants d’Asie n’est plus un mythe, et le travail des enfants l’est encore moins; une grande partie de nos produits de consommation sont issus de l’industrie d’Asie, où le terme humain est trop souvent oublié, perdu.
Après avoir dûment présenté les formes classiques que prend l’esclavage, il semble primordial d’énoncer les autres natures possibles de cette perte de liberté.
Tout d’abord, les réseaux sociaux embastillent les utilisateurs les plus avides de ces nouvelles plateformes. En effet, on peut remarquer l’emprise qu’à un réseau social quelconque sur un individu, surtout les plus jeunes qui sont plus susceptibles de sombrer dans cette dépendance; et ce en raison du fait que ceux-ci comblent un vide intérieur, montrent les vies, peut-être, meilleurs de nos voisins et frustrent les individus psychologiquement faibles. Facebook, par exemple, apporte une sécurité affective et donne l’impression d’être socialement intégré dans la société alors que ce n’est que fictif, et le retour à la réalité est parfois délicat, voire impossible.
Ensuite, énormément d’employeurs oppriment leurs employés, assujettissant le salarié grâce à l’argent. Effectivement, par le temps qui court, il est de plus en plus laborieux de trouver un emploi, et les employeurs utilisent ce problème comme moyen de pression pour ainsi diriger l’employé tel un tyran dirigeant ses valets. Cette position de force permet au patron de discuter les heures de travail, la rémunération ou encore ses exigences par rapport à l’employé. Le film “Swimming with Sharks”, visualisé dans le cadre du cours de religion, montre bien cette domination qu’exerce l’employeur sur l’employé que ce soit au travail ou à son domicile.
Enfin, les médias endoctrinent parfois la population, en maniant l’opinion publique et en déformant certains faits d’actualité dans le cas des journaux, mais met également en place une dépendance à certaines émissions dans le cas de la télévision. Tout d’abord, les médias donnent leur position et sont rarement impartiaux dans certains débats houleux, comme durant les élections présidentielles du pays de Molière; ils influencent les lecteurs dans leur opinion personnelle sur certains sujets et empêchent donc le lecteur de forger sa propre opinion. Ensuite, du côté des médias télévisés, certaines émissions abasourdissent les téléspectateurs en quête de “détente”, ou plutôt en quête d’irréflexion …
En conclusion, suite à cette courte mise en avant des manières de perdre sa liberté dans le monde actuel, il semble avisé de souligner le fait qu’outre l’esclavage traditionnel, notre liberté est beaucoup trop menacée par des faits du quotidien comme la télévision ou les réseaux sociaux ou des faits inexorables dans notre vie comme les situations délicates dans le milieu professionnel. Ce problème prend une ampleur mondiale en raison du fait que ce n’est plus uniquement les pays instables qui subissent un manque de liberté mais l’Humanité entière, infecté par un manque de réflexion et de prise de distance incurable dans la situation actuelle au vu de la prise en pouvoir des médias et des réseaux sociaux par exemple. Dès lors, comment l’Humanité peut-elle persister si la réflexion disparaît ?

Institut des Arts et Métiers

CEFA Sud-Luxembourg

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