mardi 15 novembre 2016

Eurobalades en Roumanie

Eurobalades :
Le patrimoine, une richesse de l’Europe à préserver, partager et développer

Le projet mis sur pied en 2014 par neuf pays d’Europe (Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal, Roumanie et Turquie) vise à faire découvrir les richesses du patrimoine culturel, de l’histoire, de l’architecture, de l’art en général, du milieu naturel et économique qui entourent les écoles concernées. Il est demandé aux élèves engagés dans Eurobalades de créer trois itinéraires différents (un par an) pour visiter leur région : le premier est pédestre, les deux autres sont étudiés pour un parcours en automobile.
Des réunions de travail entre professeurs permettent de mesurer l’avancement des travaux, d’échanger, de solutionner les problèmes rencontrés, de tester les itinéraires et de préparer les rencontres entre élèves des différents pays.

Du 24 au 29 octobre 2016, une trentaine d’enseignants des neuf pays cités se sont retrouvés au Lycée technologique T. Vuia de Tautii Magheraus, non loin de Baia Mare, en Roumanie du nord, région historique de Transylvanie. Carole Goffinet et Marc Blaise, deux professeurs de Pierrard, porteurs du projet, s’y sont rendus.

Le lundi matin fut consacré à l’accueil des différentes délégations par le Maire de Tautii Magheraus, par l’Inspectrice générale, par l’Inspectrice des programmes, l’Inspectrice de sciences et le Principal du Lycée qui fit visiter son école. Une des enseignantes roumaines rencontrées a vécu 22 ans à Enghien.
Après la première réunion de travail, un dîner international rassemblait tous les participants et invités. Les représentants de chaque pays mettaient un point d’honneur à présenter les produits spécifiques de leur région. La palincă, une eau-de-vie traditionnelle à double distillation « pour les âmes fortes », est offerte aux hôtes avant chaque repas pour stimuler l’appétit. Noroc – Santé !

Les autres jours furent consacrés aux découvertes des différents itinéraires proposés dans le cadre d’Eurobalades.
La ville de Baia Mare (125 000 habitants) et sa région bénéficient de nombreux atouts. Le musée de la vie rurale nous transporte dans un autre siècle. Vie rude s’il en était. Ceux d’Histoire et d’Archéologie nous expliquent les traditions et les costumes régionaux. Le musée de Minéralogie présente une collection remarquable de minéraux du Maramures et notamment de Baia Mare. Une maquette au 1/50 000e détaille la structure géologique du Nord-Ouest de la Roumanie. Au premier étage, le visiteur découvre nombre de pièces esthétiques connues sous le nom de « fleurs de mine ». Après la visite de l’ancien centre-ville, le groupe se rend au sommet de la Tour gothique Saint-Etienne, de 1446, symbole et fierté de la cité. Elle flanquait jadis la cathédrale disparue dans un incendie en 1769. Du haut de ses 40 mètres, nous admirons l’ordonnance de la ville et les montagnes environnantes aux couleurs d’automne.

Autre découverte : la « mine de sel de Turda ». Les gisements en sel de Transylvanie se sont formés il y a treize millions d’années et la saline de Turda était exploitée depuis le premier siècle après J.-C. Des galeries de centaines de mètres convergent vers une salle d’une hauteur de 90 mètres, au milieu de laquelle se trouve le lac de sel. Des images uniques au monde. La couche de sel s’étend partout dans le sous-sol du plateau de la Transylvanie, dont l’épaisseur moyenne est de 400 mètres. Cependant, la couche peut atteindre de 1 000 à 1 200 mètres à la suite de sa déformation sous la pression des sédiments déposés en son centre. Les premiers 780 mètres de la galerie d’accès Franz Josef ont été creusés de 1853 à 1870 afin de faciliter le transport du sel à la surface par rails, puis, jusqu’à la fin du XIXe siècle, les travaux ont été poursuivis sur 317 mètres supplémentaires. L’exploitation a été arrêtée en 1932. Il reste suffisamment de sel pour encore alimenter la population mondiale pendant 100 ans ! Certains endroits sont à présent transformés en centre de loisirs et de santé. Tout au long de l’année, la température y est constante, entre 10 et 12 degrés, et l’air salé a des propriétés thérapeutiques, surtout pour les personnes à problèmes respiratoires.

La région de Maramures nous réserve de nombreuses surprises.

  • Blotti dans la vallée de l’Iza, à 70 km à l’est de Baia Mare, le monastère orthodoxe de Bârsana est une étape incontournable lorsqu’on entreprend un circuit à travers le Maramures.
    C’est dans les années ’90, après la chute du communisme, que les édifices orthodoxes ont été reconstruits dans un style traditionnel, essentiellement en bois. Depuis, les moniales accueillent pèlerins et touristes. La beauté des lieux et la tranquillité sont une invitation à la réflexion et à la méditation.

  • La ville de Sighetu-Marmatiei, à la frontière avec l’Ukraine, nous réserve sa part d’émotions. Comme toute la Roumanie, Sighetu fut soumise aux régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989. Dans les années 1946-1989, le régime communiste et sa police politique, la Securitate, firent de la vieille prison préfectorale austro-hongroise un mouroir pour détenus politiques et d’opinion où périt une partie de l’élite intellectuelle et politique de la Roumanie parlementaire d’avant-guerre. Après la chute de la dictature, fin 1989, la prison est devenue un Mémorial aux deux millions de victimes recensées du Communisme, dans la même rue que celui des victimes de la Shoah. Il est reconnu en 1998 par le Conseil de l’Europe comme « Lieu de Mémoire de l’Europe », au même titre que celui d’Auschwitz et celui de la Paix en Normandie. La visite d’un tel lieu ne peut laisser personne indifférent !
  • Sur la route du retour, à l’approche de la Toussaint, arrêt au « Cimetière joyeux » de Sapânta. Un cimetière pas tout à fait ordinaire où les croix mortuaires bariolées racontent la vie des défunts. Depuis plus d’une cinquantaine d’années, les morts de Sapânta, un village de 3 000 personnes situé à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne, reposent dans un cimetière qui attire aujourd’hui des milliers de touristes. Les décorations des tombes sont faites à la main et mettent en scène les défunts dans leur vie quotidienne. Des épitaphes, écrites par leur soin avant leur mort, sont inscrites sur les stèles… façon d’aborder la mort avec une pointe d’humour et d’ironie. C ’est Stan Ioan Patras, un artiste local, qui a eu l’idée de peindre les premières croix mortuaires après la Seconde Guerre mondiale. « Il voulait faire de la mort quelque chose de plus facile à aborder, en montrant la part de bonheur qu’il y avait eu dans la vie des gens. » Rapidement, ces décorations sont devenues une tradition dans ce village d’une région souvent décrite comme « la dernière zone rurale médiévale d’Europe ».

  • Le monastère de Peri à Sapânta a été érigé en souvenir d’un ancien monastère situé sur l’actuelle rive ukrainienne de la Tisa. Signe que la vie religieuse est toujours bien présente en Roumanie, sa construction s’est achevée en 2004, après 8 ans de travaux ! Grâce à ses 78 mètres de hauteur, l’église Saint Michel Archange du monastère est la plus haute église en bois du monde ; il est dit qu’on peut l’apercevoir depuis l’autre rive de la Tisa, en territoire ukrainien, où, à l’origine, était installée l’ancienne église. Sa tour est couronnée par une croix de fer de 7 m de haut qui pèse 400 kg. Depuis 2005, il accueille une communauté de religieuses.

La réunion de clôture répartissait les tâches de chaque délégation, fixait le calendrier des prochaines rencontres en Bulgarie et l’ultime, en Italie, à laquelle participeront les élèves. Elle marquera la fin de ce projet de trois ans qui a permis à de très nombreuses personnes de neuf pays d’Europe d’apprendre à se connaître, à partager, à échanger, à nouer des relations d’une réelle amitié. A cette Europe culturelle et sociale, nous disons OUI !

Malheureusement, les pays de l’Est se sentent quelque peu abandonnés par l’Europe de la finance et certains anciens regrettent le Communisme ! Si nos représentants politiques n’y prennent garde et ne mettent pas l’HOMME au centre de leurs préoccupations, nous pourrions assister à un séisme !

Institut des Arts et Métiers

CEFA Sud-Luxembourg

Liens

Sur le site de Pierrard

  • ILLEPS : Ecole d’enseignement de promotion sociale