dimanche 23 octobre 2016

Un fils de notre temps

Le 11 octobre, les élèves de 6TT se sont rendus à la Maison de la Culture d’Arlon pour assister au spectacle « Un fils de notre temps ». Voici le compte-rendu de Lucas (6TTc)

Dans le cadre du cours de français, nous sommes allés voir la pièce intitulée « Un fils de notre temps », de Hamadi. Cette pièce s’est déroulée à la maison de la culture d’Arlon. Elle présentait un seul acteur sur scène, à savoir Marwane El Boubsi. Le tout a été mis en scène par l’écrivain lui-même.

Le spectacle racontait l’histoire d’un jeune homme d’origine maghrébine, à son retour de Syrie. La pièce retrace le trajet de cet homme, de l’idée de partir en Syrie jusqu’à son arrestation. La pièce se déroule en fait durant son procès, duquel nous ne saurons malheureusement pas la fin, faute de temps pour la classe qui se devait de prendre le bus assez tôt. La pièce explique, avec humour et ironie, comment ce jeune homme « intégré » a tout plaqué pour rejoindre la Syrie. Pas par conviction religieuse, non, mais par simple envie de quitter le système capitaliste au profit d’un idéal. Il va donc être enrôlé dans un groupe de recrutement dont il dénonce pertinemment les mécanismes, au moyen de personnages bien dosés. Il va ensuite raconter les histoires qui se sont passées en Syrie. Tout d’abord son arrivée, ainsi que la personnalité de ses supérieurs. Il va expliquer ensuite comment l’ISIS arrive à transformer de simples personnes innocentes en des machines de guerre conscientes et déterminées, au moyen de l’ennui. Ensuite, il va continuer à mettre en scène avec beaucoup d’humour le regard occidental sur la Syrie, qui a évidemment raison de critiquer les combats là-bas, mais qui, au final, a une vision très stéréotypée de la chose. Après ceci, il va tout simplement montrer l’horreur des combats, où des innocents sont abattus et détruits au nom d’Allah. Suite à cette scène digne d’un film d’épouvante, nous avons dû quitter la salle, et nous ne saurons donc pas la fin.
Pour ma part, ce spectacle m’a été très plaisant. Tout d’abord, l’humour était maitrisé avec soin et finesse : alternance de passages durs et de scènes comiques. Des moments très tristes, de profond désespoir, s’ajoutaient au tout, ce qui a permis de ne pas donner une attitude grotesque au spectacle. Le contraste de ces deux émotions fortes m’a permis d’apprécier le spectacle, qui en devenait ainsi imprévisible.
De plus, la mise en scène était très bien construite. Il est vrai que le décor manquait un peu à certains moments, mais la sobriété du tout créait une ambiance réelle et non théâtrale. Les lumières et les quelques passages musicaux étaient bien dosés, ni trop ni trop peu.
J’ai également beaucoup apprécié le comédien, qui était à la hauteur de l’œuvre. Il m’a permis de me transporter et de vivre tout ce qu’il vivait, au moyen de ses imitations et de sa présence sur scène très étonnante. De plus, le langage utilisé dans la pièce était juste, c’était un langage très « jeune », accessible pour la partie de la population la plus concernée par le récit. Cependant, la pièce, avec son contexte juste, était compréhensible pour tous les âges.
Après, je dirais que quelque chose m’a un peu dérangé, à savoir le fait que de nombreux flashbacks, voire même trop nombreux, étaient présents. Je suis très adepte de ce type de transition, mais là je l’ai trouvé un peu brouillon, un moment d’inattention suffisait pour nous perdre durant toute la pièce. Je trouve cela dommage car il faut une attention telle que nombreux décrochent avant la fin ce qui casse un peu l’objectif d’informer et d’être accessible à tous.
En conclusion, ce spectacle m’a beaucoup plu, par son originalité, par son comédien, son texte, sa mise en scène, et par au final tous ces éléments qui rendent un spectacle meilleur. Je suis heureux d’être allé le voir car il m’a permis de mieux comprendre le conflit en Syrie, ainsi que pourquoi tant de monde rejoignait cette cause pourtant terrifiante. Cependant, il est vrai que les flashbacks m’ont un peu perdu par moment, mais cela ne gâche que très peu le résultat final.

Un autre exemple… le travail de Mathieu, de 6TTi

Nous sommes allés au centre culturel d’Arlon le mardi 11 octobre 2016 pour aller voir la pièce « Un fils de notre temps ». Cette pièce a été écrite par Hamadi auteur, comédien, metteur en scène Belge. Le spectacle est représenté par le fils d’Hamadi.

La pièce se déroule à notre époque et met en scène un jeune homme qui passe devant le tribunal. Il est accusé d’avoir fait le djihad. Tout le long de la pièce, le condamné s’adresse à « Madame la juge ». La pièce se concentre sur les jeunes qui partent en Syrie pour se battre au côté de l’état islamique. Tout d’abord, le jeune explique son retour en avion en Belgique. Dès son atterrissage, sur le tarmac, l’attendait une armada de militaires et de policiers. Une fois descendu, on lui explique qu’on va le juger en procédure accélérée. La procédure accélérée est une dérive du système qui permet de mettre les gens en prison avant de les avoir jugés. Pour justifier son emprisonnement, l’Etat fait un pseudo procès. Ensuite, il nous explique comment il s’est fait recruter. Il a rencontré sur internet des recruteurs de l’état islamique. Et un jour, il décide de se rendre chez l’un d’eux. Il y mange et rencontre les autres membres du groupe. L’auteur met en évidence la facilité qu’ont les jeunes pour rentrer en contact avec ces terroristes, tout cela par le biais d’internet. Et vu que les recruteurs ciblent en premier des jeunes qui sont mis sur le côté par notre société, ils deviennent pour le jeune un groupe qui l’accepte enfin et lui accorde de l’importance. Tout ça n’est qu’une manipulation pour se servir des jeunes, qu’ils finissent par envoyer en Syrie pour se battre. Quand le jeune les rencontre, il remarque que leur façon de vivre est très rétrograde. Ici, la pièce nous montre leurs refus des traditions européennes et des évolutions les plus naturelles telles que l’habillement, la nourriture, la cigarette ou le respect de la femme. Ils mangent par terre du couscous que le jeune refuse. Il préfère commander une pizza et les recruteurs finissent par en manger aussi. On voit que leurs valeurs ne tiennent pas et que leurs actes ne suivent pas leurs croyances prouvant qu’elles sont fausses et juste une mise en scène. Plus tard, tous ses frères l’encouragent à partir en Syrie et il accepte. Mais ils se désistent tous lorsque le jeune leur demande si d’autres veulent partir avec lui. Par leur refus, ils montrent que leur travail est juste de radicaliser et d’envoyer des jeunes au combat, mais aussi qu’ils n’ont pas la foi qu’ils essaient d’inculquer à ce jeune. Donc, on comprend que tout ça n’est qu’une vaste « connerie » et qu’il n’y a pas de vrai but spirituel ou autre à leurs actions. D’abord, il est emmené juste à côté de la Syrie dans des camps de formation avant de partir au front. Le non-sens est encore mis avant ; on lui fait porter une fausse barbe pour le faire passer pour un terroriste farouche. Il comprend qu’il n’a rien à faire là. Il y passe trois semaines et, à force d’ennui, il finit par demander pour se faire muter au front. Une fois arrivé, il arrive et rencontre ses futurs camarades de guerre. Alors apparait une journaliste qui vient pour les interviewers et leur demande une mise en scène pour qu’elle les filme avec des cagoules. Il comprend que toutes les images qu’il voyait à la tv étaient juste une mise en scène de la part des médias pour détourner la vérité. Et il comprend aussi que ses camarades ne sont que des décérébrés qui ne connaissent rien et n’ont que des idées débiles. Pour conclure il voit que les gens qui sont envoyés se battre au nom de l’état islamique ne sont que des pauvres garçons manipulés et qui deviennent totalement fous. Ils perdent toute distinction entre le bien et le mal à force d’être manipulés, et cela mène aux terribles attentats que l’on connait.

J’ai bien aimé la pièce car l’acteur joue déjà admirablement bien et il change facilement de personnages. Le jeu de l’acteur est parfait pour communiquer les émotions qu’il veut faire passer. De plus, le personnage du jeune qui se fait juger a un langage familier qui fait m’a bien fait rigoler. Mais l’acteur fils d’Hamadi a très bien joué cette pièce pour présenter un sujet sensible qui malheureusement est fort d’actualité. La pièce montre toutes les étapes par lesquelles passe un jeune qui se radicalise en montrant bien leur non-sens et en expliquant les mécanismes qui sont derrière. Et Hamadi veut nous faire voir ça sous l’angle de ces jeunes pour faire éventuellement réfléchir les spectateurs afin qu’ils se fassent une nouvelle opinion sur comment gérer ce problème de société. Par exemple, il pointe le fait que la société est en partie responsable de leur radicalisation. En mettant certains jeunes à l’écart, on les pousse vers de mauvaises personnes. Il trouve refuge auprès d’elles. Mais celles-ci les manipulent et se font passer pour des frères, des gens qui enfin les comprennent, afin de les retourner contre la société.
Enfin, j’ai moins aimé le fait que l’histoire de fond soit éparpillée en plein de flash-back qui reviennent après des longue discussions entre le jeune et la juge. On a du mal à suivre totalement l’histoire qui est un peu mise dans tous les sens. D’abord, il parle du retour en avion dans le passé puis de son recrutement qui avance dans le passé pour revenir au final au retour en avion. Donc, cet éparpillement fait que l’on n’a pas une bonne représentation de l’histoire, on ne sait plus trop dans quel sens mettre les bouts d’histoire. Même si elle quand même globalement logique, je n’ai pas trop apprécié. En conclusion, la pièce permet de faire lien avec l’actualité pour la mieux comprendre.

Institut des Arts et Métiers

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  • ILLEPS : Ecole d’enseignement de promotion sociale