Lundi 20 Décembre 2010

Une journée à Verdun

Ce lundi 25 octobre, tous les élèves de 6ème professionnelle se sont rendus à Verdun afin d’y découvrir les lieux de la célèbre bataille de 1916. Ils ont pu découvrir du matériel d’époque (armement, objets de la vie quotidienne,…) au Mémorial de la Paix ainsi que dans la tranchée reconstituée par des passionnés à Mogeville.

Ils ont ensuite eu l’occasion de percevoir la réalité de cette bataille meurtrière en visitant le fort et l’ossuaire de Douaumont ainsi qu’un village détruit.

A leur retour, les élèves se sont mis dans la peau d’un poilu et ont été chargés de rédiger une lettre à leurs proches. En voici quelques exemples…

Jacqueline,
Voici maintenant trois ans que la guerre nous a séparés. Ici, tout est horrible, les champs ne sont plus que cendres et ruisseaux de sang. Aujourd’hui, j’ai enfin trouvé le temps de t’écrire malgré les bombardements, car on nous renvoie au fort de Douaumont. Les Allemands gagnent du terrain chaque jour. Par ces temps-ci, mieux vaut ne pas se faire trop d’amis : hier encore, j’ai rencontré un soldat provenant d’un village non-loin de celui de ta sœur, et, ce matin, dans les tranchées, sans m’en rendre compte, je parlais à un cadavre.
Il paraît qu’au fort, nous allons nous retrouver à deux par couchette. C’est déjà mieux que de s’endormir dans la boue. Chaque seconde, chaque jour et même encore après chaque bataille, je remercie le seigneur de m’avoir épargné, mais aussi de me laisser la chance de pouvoir t’écrire cette lettre et qu’elle te parvienne. Car l’ennemi approche et nous sommes à la moitié de nos effectifs.
(…)
Nous sommes les 25 février 1916. Ce sont peut-être les dernières nouvelles que tu auras de moi, mais sache que mon cœur t’appartiendra toujours, même s’il se trouve entre les mains des Allemands.

Florian Collard, 6P mécanicien-garagiste

Chers parents,
Je suis au fort de Douaumont à quelques kilomètres de Verdun. Le fort est français pour l’instant, mais antérieurement, il était allemand. Je ne sais pour combien de temps encore, il sera à nous. Nous avons peu de lumière dans le dortoir car nous bouchons un maximum d’orifices afin d’éviter une attaque au gaz. Nous sommes nombreux et dormons à deux par lits : un homme dans chaque sens dans des lits superposés. J’ai la chance d’avoir un camarade qui ne sent pas des pieds.
D’ici la semaine prochaine, je retourne au front. Je déteste cet endroit. Il y a des morts chaque jour. Nous sommes dans des tranchées d’environ 1,5 mètre de largeur. Toute la journée, nous entendons les tirs d’obus et les balles. Les tranchées ont été creusées à la main et il y a une petite infirmerie tout près pour les blessés.
J’espère pouvoir vous réécrire très vite,
Je vous aime.

Armand Menacer, 6P auxiliaire administratif et d’accueil

Institut des Arts et Métiers

CEFA Sud-Luxembourg

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